Du 25 MARS au 23 MAI 2016 - Pelouse de Reuilly
De midi à minuit tous les jours et de midi à 1 heure du matin les samedis et veilles de jours fériés

L'origine de la Foire du Trône

C'est en 957 que le roi LOTHAIRE crée la première des fêtes foraines en date et en titre. Mais comme on ne peut traiter en quelque mots de l'histoire d'une fête millénaire qui fourmille d'anecdotes, nous ne ferons que rapporter d'où lui vient son surnom de "Foire au pain d'épices".

Journée portugaise

Le 13 octobre 1131, le fils du roi Louis le Gros, qui circulait à cheval dans le faubourg Saint-Antoine, fut chargé par un troupeau de porcs, animaux qui tenaient le haut du pavé des rues de Paris dont ils récuraient les caniveaux.
Désarçonné, le royal cavalier chuta et se brisa les reins.
Par ordonnance, Louis le Gros interdit alors aux pourceaux de divaguer dans Paris, exception faite pour ceux qui appartenaient aux disciples de Saint-Antoine, à condition, toutefois, qu'ils accrochent une clochette au cou de leurs gorets pour les signaler à l'attention des passants.
Ce serait en remerciement de cette faveur que les moines-boulangers auraient donné la forme d'un cochon au pain d'épices qu'ils avaient le privilège de vendre à l'occasion de la célèbre foire aux pains d'épices. Elle s'appelait la "Foire Saint Antoine".

À quoi ressemblait la foire ? Plutôt à un marché découvert. On y trouvait des étals de pain d'épices et de pâtisseries, quelques petits commerces d'objets de fantaisie et des saltimbanques ou teneurs de jeux.

Journée portugaise

Cette modeste manifestation commerciale, improvisée chaque année, se tenait sur la censive de l'abbaye de Saint Antoine et n'a pas laissé de traces durables.
L'abbaye fut détruite pendant la révolution.
Avec elle disparut la Foire Saint Antoine. On ne la vit renaître qu'en 1805, sous l'aspect d'une petite fête foraine. Le commerce ne constituait plus l'essentiel de son activité. Les marchands et saltimbanques occupaient une partie du faubourg Saint Antoine, entre la rue de Montreuil et la rue Saint-Bernard. La foire envahit peu à peu la place de Reuilly et la place de Montreuil, en direction de la barrière du Trône. En 1841 les forains furent autorisés à occuper le rond-point (future place de la Nation) qui devint le centre de la foire.

Le nombre de forains ayant beaucoup augmenté depuis 1841, la place du trône ne suffit plus et l'on dut, de 1857 à 1866, ajouter d'autres emplacements : le boulevard Mazas, le cours de Vincennes, la rue de Reuilly jusqu'à la place Daumesnil, le boulevard de Charonne et, en 1880, le boulevard de Picpus.
En 1883 la foire occupait la place de la Nation, l'avenue Philippe-Auguste, le boulevard Prince Eugène (actuel boulevard Voltaire) jusqu'à la mairie du XI et le cours de Vincennes.
La foire connut en effet un essor fantastique.
Le nombre des forains estimé à 1214 en 1872, puis à 2424 en 1880. Elle commençait le jour de Pâques et durait une semaine, puis 15 jours à partir de 1861, avec prolongation éventuelle de huit jours. Le préfet de la Seine manifesta son intention de régulariser l'existence de cette foire franche et d'assujettir à un droit de location de place pour les forains, saltimbanques de 10 centimes par mètre de façade et par jour.

Après cet accroissement si rapide la foire connut une période de déclin et le nombre des forains diminua de façon très sensible dès 1885. Puis, après la guerre de 1914-1918 la foire connut à nouveau un accueil enthousiaste des parisiens qui ressentaient un intense besoin de s'amuser après ces années difficiles. Ces mêmes phénomènes d'essoufflement puis d'explosion caractérisent les années qui précédèrent et suivirent la deuxième guerre mondiale. En 1957, les forains fêtèrent le millénaire de la Foire du Trône les forains déguisés en moines offraient aux promeneurs des cochons de pain d'épices.

Journée portugaise

Ces petits cochons, avec leur naïf décor de sucre, devinrent très tôt familiers aux parisiens et contribuèrent à rendre la foire populaire et attractive. L'origine médiévale du cochon de pain d'épices a contribué à asseoir la légitimité de la foire, en lui conférant un prestige particulier et en éveillant la curiosité des parisiens toujours friands d'anecdotes relatives à l'histoire de leur ville. La Foire du Trône a ainsi acquis ses lettres de noblesse. Dès le début des années soixante, des menaces commencèrent à peser sur la plus populaire des fêtes parisiennes. En 1962 la municipalité proposa de ne pas supprimer la foire mais de la déplacer en bordure du bois de Vincennes appelé communément "la pelouse de Reuilly".

Avec le conseil d'une organisation de forains, les services de la ville de Paris se sont employés à viabiliser ce vaste terrain d'une dizaine d'hectares et à concevoir des plans de la foire adaptés aux exigences d'hygiène et de sécurité de notre époque.
La nouvelle Foire du Trône fut inaugurée en 1964. Un peu désorienté pendant les premières années, le public a vite retrouvé le chemin de la fête. Celle-ci dure désormais 6 semaines et accueille chaque année cinq millions de visiteurs. La Foire du Trône n'est plus une simple fête foraine, elle représente le plus vaste et le plus prestigieux parc d'attractions foraines d'Europe.

Son évolution

La Foire du Trône doit son essor, son développement et sa pérennité à des hommes d'état aussi différents que le sont les régimes qu'ils ont instaurés ou servis et qui avaient, pourtant, un point commun : celui d'avoir compris l'intérêt socioculturel d'une fête qui amène des citoyens de condition, de culture ou de religion différentes à fraterniser en s'amusant au même endroit et au même instant…

Journée portugaise

En constante évolution, elle n'a cessé de croître et de multiplier des attractions de plus en plus audacieuses tout en gardant ces traditions de kermesse populaire qui lui valent d'être aujourd'hui, un loisir plébiscité par 92 % de la population selon une récente étude de Médiamètrie. C'est par conséquent, une véritable institution nationale, comme l'a souligné Jacques Chirac à l'occasion de la signature d'une convention qui protège son établissement sur la pelouse de Reuilly, au Bois de Vincennes.

Sa position géographique

Journée portugaise

Des jardins de l'abbaye Saint Antoine où elle est née, à la pelouse de Reuilly où elle s'installe à présent, son importance grandissant avec son succès, la Foire du Trône a connu deux transferts capitaux : le premier décrété par Napoléon en 1812 sur la place du trône renversé (l'actuelle place de la Nation) qui lui a donné un nom et une légitimité incontestable et le second qui a obligé les forains à financer, en 1964, l'aménagement et la viabilisation d'un terrain d'accueil desservi par le métropolitain, condition "sine qua non" de la réussite d' une fête dont le public est majoritairement, usager des transports en commun.

Sa puissance économique

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Sa puissance économique se traduit par des chiffres à l'échelle de sa démesure.

L'entrée de la Foire du Trône étant gratuite, on ne peut qu'estimer le nombre de ses visiteurs. Cependant, les derniers indices de fréquentation attestent qu'elle reçoit, en six semaines, quelques 5 millions de visiteurs...
5 millions de consommateurs qui activent quantité de corps de métiers tant sont variées les sources qui alimentent son exploitation ; que ce soient les fabricants de manèges, de peluches, ou de nougats (la ville de Montélimar travail à 80 % pour la fête foraine) ou les multiples emplois saisonniers qu'elle procure, en dépannage, à de nombreux chômeurs...
5 millions de consommateurs qui croquent 90 tonnes pommes de terre (frites) et s'abreuvent de bières qui pourraient remplir à ras bord une piscine olympique. De la même manière, on a pu évaluer encore que, mises bout à bout, les saucisses débitées à la Foire du Trône couvriraient la distance Paris Strasbourg !
C'est, on le voit, une force économique qui, à elle seule, justifie que perdure une fête qui permet, également, et ce n'est pas le moindre, à la caisse des écoles de la ville de Paris, d'offrir des vacances aux enfants de ses administrés.

Sa vocation socioculturelle

Journée portugaise

Après avoir résolu d'assurer la sauvegarde de la plus ancienne des fêtes foraines par des mesures qu'imposaient la sécurité de son public familial et le respect de son environnement, après avoir pris la décision de clôturer, de gardienner et de réaménager l'espace où se situe la doyenne des fêtes foraines, la mairie de Paris a imaginé de lui permettre de franchir, en beauté, les portes du temps en l'intégrant aux fête du bimillénaire.
C'est ainsi que, compte tenu de la vocation socioculturelle de cette grande fête traditionnelle, un musée des arts forains sera ouvert dans son enceinte, à l'occasion de la 1043me Foire du Trône.
Cette exposition haute en couleur aura le double privilège de rendre hommage à l'esprit novateur des forains et de présenter cet artisanat surprenant, que se disputent, aujourd'hui, les collectionneurs du monde entier.